Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 23:14

nnovation

Naissance du premier « bébé du double espoir » en France

10.2.2011

[hopital.fr] Le 26 janvier est né le premier « bébé du double espoir » en France. Il pourra soigner un de ses aînés atteint d’une maladie du sang. Explications.

Depuis le vote de la loi de bioéthique de 2004, le diagnostic préimplantatoire (DPI) est autorisé pour les familles touchées par une maladie génétique grave et incurable. Il consiste, lors d’une fécondation in vitro, à pratiquer des analyses sur les embryons et à n’implanter dans l’utérus de la mère que ceux qui sont exempts de cette maladie. En France, trois centre sont autorisés à pratiquer cette technique (Montpellier, Strasbourg, Antoine Béclère/Necker enfants malades).

Le DPI peut, depuis 2004, être associé de façon expérimentale à un typage HLA. Le système HLA (antigènes d’histocompatibilité humaine) est la « carte d’identité biologique » d’un individu, qui se compose de plusieurs marqueurs spécifiques. En théorie, un malade a une chance sur quatre d’être compatible avec un frère ou une sœur, car il existe quatre possibilités différentes de distribution des antigènes HLA. L’association du DPI au typage HLA a pour objectif de permettre la naissance d’un enfant indemne de la maladie familiale qui atteint son aîné, compatible avec lui, et ainsi susceptible de soigner cet aîné grâce aux cellules souches du sang placentaire prélevé dans le cordon, ou plus tard dans la moelle osseuse.

Le petit Umut-Talha (« notre espoir » en turc) est le premier enfant né en France selon cette technique. Ses parents avaient déjà deux enfants, de trois et six ans, atteints d’une bêta-thalassémie. Cette maladie grave du sang provoque une anémie qui impose des transfusions régulières.

Les équipes de l’hôpital Antoine Béclère (Clamart) et Necker (Paris) ont travaillé ensemble pour permettre la naissance d’Umut-Talha. Après fécondation in vitro, un DPI a été pratiqué sur les embryons, et seuls ceux qui étaient indemnes de la bêta-thalassémie ont été conservés. Un de ces deux embryons était compatible avec la grande sœur d’Umut. La mère d’Umut a alors choisi de se faire implanter les deux embryons, et ce n’est qu’à la naissance que l’équipe médicale a pu constater que l’embryon qui avait survécu était celui qui était compatible avec la grande sœur.

Concrètement, c’est le sang du cordon ombilical reliant Umut-Talha à sa mère qui va permettre de soigner sa sœur. En effet, il est riche en cellules souches hématopoïétiques, qui sont à l’origine des cellules sanguines. La greffe de ces cellules permet de remplacer les cellules malades par des cellules saines. Elle équivaut à une greffe de moelle osseuse.

L’association du typage HLA à un diagnostic préimplantatoire est strictement réglementée et est soumise à autorisation de l’Agence de la

Par Dorothée C. - Publié dans : médecine et recherche médicale
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