Dimanche 31 octobre 2010 7 31 /10 /Oct /2010 17:47

Les besoins

Aucun traitement ni médicament de synthèse ne peuvent encore se substituer aux produits sanguins. Irremplaçables et vitaux, les produits sanguins sont indiqués dans deux grands cas de figure : les situations d’urgence, et les besoins chroniques, qui concernent des patients que seule une transfusion sanguine peut contribuer à guérir ou à soulager.

 

L’obstétrique et les interventions chirurgicales

  • Au cours d’un accouchement, une hémorragie peut survenir, entraînant un besoin urgent et important en produits sanguins.
  • En cas d’hémorragie lors d’une intervention chirurgicale, il faut procéder à une transfusion de globules rouges. S’il s’agit d’une intervention d’urgence, et que le malade a perdu une grande quantité de sang, il reçoit aussi des plaquettes qui facilitent la coagulation et contribuent à arrêter le saignement.
  • Les grands brûlés nécessitent des transfusions de plasma.
 
 
L’hématologie et les cancers
 
 Certaines maladies, comme les leucémies, touchent directement la production des cellules sanguines. Ces maladies hématologiques affectent la moelle osseuse et nécessitent la transfusion de globules rouges, de plaquettes ou de plasma selon les cas. Le traitement de ces pathologies non chirurgicales requiert de grandes quantités de produits sanguins.
Par ailleurs, le traitement intensif de certaines maladies peut entraîner une insuffisance de production de cellules sanguines. Dans le cas d’un cancer, par exemple, les traitements lourds (chimiothérapie, radiothérapie) entraînent la destruction des cellules cancéreuses, mais également la destruction temporaire des cellules de la moelle osseuse. L’organisme ne peut plus renouveler seul les cellules sanguines. Durant cette période dite d’aplasie, un support transfusionnel permet de renouveler les cellules sanguines, et à l’organisme affaibli par le traitement de se régénérer.
 

Le don de sang total

Le don de sang dit « total » est le don le plus courant. Après le prélèvement, les trois principaux composants sanguins - plaquettes, plasma et globules rouges - sont séparés.

 

Comment ça se passe ?
On prélève entre 400 et 500 ml de sang, en fonction du volume sanguin du donneur. Une femme peut donner son sang 4 fois par an, un homme 6 fois, en respectant un délai d’au moins 8 semaines entre chaque don. Les donneurs de groupe O, dits « donneurs universels », sont particulièrement recherchés car leur sang peut être transfusé à un très grand nombre de patients.
 
Il existe d’autres formes de don, dits « par aphérèse », qui font appel à une technique plus spécialisée : au moyen d’un séparateur de cellules, les différents composants sanguins sont triés. Seul celui dont on a besoin est prélevé et les autres sont restitués au donneur.
 
don plasma

Le don de plasma

Les polytraumatisés (chirurgie dans les accidents graves), les grands brûlés, les hémophiles, les patients souffrant de troubles immunitaires graves, ont besoin de plasma. Celui-ci leur est délivré soit par transfusion, soit sous la forme de médicaments.

 

 Comment ça se passe ?

Le procédé est similaire au don de plaquettes. On prélève jusqu’à 750 ml de plasma au donneur, puis on lui restitue ses autres composants (globules rouges et plaquettes). Les dons de plasma des donneurs du groupe AB, donneur de plasma universel, et du groupe B, sont particulièrement recherchés.
On peut donner son plasma toutes les 2 semaines, dans une limite de 24 fois par an.
don plaquettes

Le don de plaquettes

Lorsque la maladie (leucémie, aplasie médullaire) ou les traitements lourds (chimiothérapie, radiothérapie) empêchent la fabrication de cellules sanguines par la moelle osseuse, le malade est dit en aplasie. La transfusion régulière de plaquettes permet alors d’éviter les risques d’hémorragies mettant en jeu la vie des malades.

 

 Comment ça se passe ?

Le sang prélevé est séparé en ses différents composants. Les plaquettes sont alors collectées dans une poche pouvant contenir jusqu’à 650 ml, soit environ 6 fois plus que lors d’un don de sang total. Ainsi, un seul don permet de répondre aux besoins d’un malade ! Les plaquettes ne se conservent que 5 jours : pour faire face aux besoins, des dons réguliers sont donc indispensables.
On peut donner ses plaquettes jusqu’à 12 fois par an, en respectant un intervalle  d’au moins 4 semaines.
 
festival globule 2010 - don de sang

Le parcours du donneur

Chaque année en France, 3 millions de dons sont recueillis dans les 155 sites fixes et les 40000 collectes mobiles organisées sur tout le territoire. Chaque étape du parcours est strictement contrôlée, afin de garantir la sécurité du donneur autant que du receveur.

 

Après avoir été accueilli par une secrétaire de l’EFS qui enregistre son inscription, le candidat au don remplit un questionnaire pré-don. Puis il est reçu par un médecin pour un entretien confidentiel, qui s’assure que le don ne présente pas de risque ni pour lui, ni pour le receveur. Déclaré apte, le donneur signe alors une fiche qui matérialise son consentement, contresignée par le médecin.

Il est ensuite accueilli par une infirmière qui prélève les tubes échantillons qui serviront aux analyses. Le prélèvement peut alors commencer, pour une durée moyenne de dix minutes.
Une collation est ensuite offerte. Après un don de sang, il est important de se restaurer et de s’hydrater. Ce temps de convivialité permet à l’équipe de collecte de garder un œil sur le donneur : selon les organismes, un don de sang peut parfois affaiblir ! Il est d’ailleurs conseillé de ne pas pratiquer d’effort violent dans les heures qui suivent.

Il faut compter entre 30 et 45 minutes pour l’ensemble du parcours du donneur.

 

 

Les contre-indications au don de sang

L’EFS doit assurer la sécurité des donneurs comme des receveurs. Il prend toutes les mesures pour que le don de sang soit effectué dans des conditions de qualité et de sécurité optimales. . Il doit également s’assurer que le donneur est en parfaite santé pour faire son don. Environ 10% des personnes qui se présentent pour faire un don présentent une contre-indication mais, dans les trois-quarts des cas, cet ajournement n’est que temporaire.

 

Etat général du donneur
Pour pouvoir donner, le candidat doit peser au minimum 50 kg. Le don est proscrit en cas de grande fatigue, d'anémie, de diabète insulinodépendant ou de traitement pour des crises d'épilepsie. Les femmes enceintes ne doivent pas non plus donner et ce, jusqu'à six mois après l'accouchement. Pour les personnes sous protection légale (tutelle ou curatelle), le don est proscrit de façon réglementaire.
 
Infections en cours 
En cas de maladie virale (ex.: grippe, gastro-entérite…), il faut attendre deux semaines après la fin des symptômes pour pouvoir donner son sang. En cas de prise de médicaments (antibiotiques, corticoïdes en comprimés…), il faut respecter un délai de 14 jours après la fin du traitement. S'il s'agit de maladies transmissibles par le sang (syphilis, hépatites virales B et C, VIH), le don est proscrit.
Exposition à des risques d’infection
Après certains actes de la vie quotidienne, il faut respecter un délai déterminé avant de pouvoir donner son sang :
  •  1 jour pour le traitement d’une carie ;
  • 7 jours pour un détartrage ;
  • 4 mois pour un piercing ou un tatouage ;
  • de 7 jours à 4 mois pour une intervention chirurgicale ;
  • 4 mois après le retour d’un voyage dans un pays impaludé (entre-temps, le don de plasma est cependant possible). 
Les contre-indications d’ordre sexuel
Certaines maladies sexuellement transmissibles (MST), notamment le VIH, se transmettent également par le sang. Si l’EFS pratique un dépistage systématique (VIH, hépatite B, hépatite C…) sur tous les dons de sang, il existe cependant une période de plusieurs jours suivant l’infection où les anticorps dirigés contre le virus ne sont pas détectables. Pendant cette période, appelée « silencieuse » ou encore « fenêtre sérologique », la personne infectée est porteuse du virus et peut donc le transmettre alors même que les tests de dépistage sont négatifs. Ainsi, afin d’éviter tout risque de transmission chez les receveurs, l’EFS prend des mesures d’ajournement au don de sang, temporaire ou permanent, dans certaines situations d’exposition au risque.
  • Lorsque vous changez de partenaire, vous devez attendre un délai de 4 mois pour donner votre sang, même si vous avez utilisé un préservatif. D’une manière générale, lorsque vous avez un nouveau partenaire sexuel, il faut attendre un délai de 4 mois après le dernier rapport non protégé pour pouvoir donner votre sang.
  • Si vous êtes un homme et que vous avez (ou avez eu) des relations sexuelles avec un autre homme, vous ne pouvez pas donnez votre sang.
La mesure d’ajournement des hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes est fondée sur les données épidémiologiques. Ces données, produites par l’Institut national de veille sanitaire (InVS), à partir notamment du Baromètre Gay et de l’enquête Prevagay, montrent une prévalence* du taux de séropositivité proche de 17,7 % parmi les homosexuels masculins (en augmentation depuis 2005, où ce taux était évalué à 14,7 %). Parmi les hétérosexuels, cette prévalence a été évaluée à 0,2 %. Le risque statistique d’être porteur du VIH est 100 fois plus élevé chez les homosexuels masculins que chez les hétérosexuels.
La contre-indication liée au fait d’avoir eu des relations sexuelles entre hommes est dite permanente et non définitive. Cette mesure est prise en fonction de l’état actuel des connaissances et des données. Les critères de sélection des donneurs de sang sont révisés chaque année.
Garantir aux malades des produits sanguins d’une qualité et d’une sécurité optimales est une des missions de l’EFS.
L’entretien avec un médecin avant le don et les tests de dépistage sont des étapes indispensables du process de sécurisation des dons. Mais parce que les tests effectués sur les produits sanguins ne peuvent pas toujours détecter une infection récente, il est ainsi très important d’être sincère et précis lors de l’entretien médical. En fonction des réponses que vous lui apporterez, le médecin peut décider de vous ajourner, de manière temporaire ou permanente. Sa décision a uniquement pour but de protéger votre santé et celle du receveur.
 
* La prévalence est une mesure de l'état de santé d'une population à un instant donné. Pour une affection donnée, elle est calculée en rapportant à la population totale, le nombre de cas présents de la maladie à un moment donné dans une population (que le diagnostic ait été porté anciennement ou récemment).
 
Divers
Pour les personnes ayant déjà subi une transfusion sanguine, une greffe d'organe, de tissus ou de cellules, le don de sang n'est pas possible, dans un souci de protection du malade mais aussi du donneur.
 
En cas de séjour en Grande Bretagne de plus de 12 mois entre 1980 et 1996, le don du sang est proscrit. Il existe en effet un risque théorique de transmission de l'encéphalopathie spongiforme bovine ou "maladie de la vache folle".
 
En cas d'injection de drogue par voie intraveineuse, actuelle ou passée, il existe un risque de contamination infectieuse, qui entraîne une impossibilité de don.
 
D'une manière générale, seule la personne qui effectue l’entretien médical pré-don est habilitée à décider de l'aptitude d’une personne à donner ou non son sang et examine chaque cas médical. N’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un site de l’EFS.
 
SOURCE : SITE EFS

 

Par Dorothée C. - Publié dans : médecine et recherche médicale
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